Borgia et Fils. Papes et saints. Le palais ducal de Gandia

Forteresse du XVe siècle, palais urbain des Borgia et plus tard résidence mondaine des ducs de Osuna, ce palais a été plusieurs fois remanié et redécoré. Il allie la grandeur militaire médiévale au luxe provincial méditerranéen. Racheté par l’ordre des Jésuites, qui sont à leur tour intervenus dans son ornement, c’est aujourd’hui un musée et un collège privé.
Il faut comprendre le palais ducal de Gandia comme la volonté de démontrer d’une manière éclatante la puissance de la Maison de Borgia dans l’Espagne du XVe siècle. 

Avant de devenir le pape Alexandre VI, le cardinal romain Rodrigo Borgia acquiert le duché de Gandia pour Pier Luigi son fils aîné. C’est une ancienne seigneurie royale de la Couronne d’Aragon. Il souhaite établir sa descendance durablement et au plus haut niveau, dans sa nation d’origine, le royaume d’Aragon. Pour le situer, Pier Luigi (Pedro Luis de Borja)  »Camerlingue des Rois catholiques » était le demi-frère de César et de Lucrèce.
Curieusement, cette forteresse de puissance et d’orgueil abritera au 
XVIe siècle la sainteté de l’un des descendants, saint François de Borgia. Ce grand seigneur de la Cour de Charles Quint, vice-roi de Catalogne et 4e duc de Gandia, va renoncer au tumulte du monde pour se dédier à la vie monastique sous l’habit franciscain. Contemporain et proche d’Ignace de Loyola dont il diffuse les Exercices spirituels, il est l’un des fondateurs des Jésuites.
Il sera Supérieur général de cet Ordre.

 

 

 

 

Penitencias

« … une longue théorie de nazarenos en cagoules et tuniques noires, blanches, mauves, bleues, mains gantées ou mains nues, ceintures de sparterie, de cuir, selon les confréries. Puis une longue théorie d’autres nazarenos, un cierge à la main, incliné vers le sol, l’autre main plaquée contre l’antifaz à la hauteur de la bouche; certains d’entre eux vont pieds nus… Mais les innombrables Vierges, les Douloureuses, la gémissante théorie de ces Angoisses, de ces Amertumes, de ces Solitudes, de ces Espérances, de ces Larmes, de ces Refuges… lorsque le paso s’éloigne, alors, c’est la fabuleuse apparition du manteau de cour, inimaginable ruissellement de velours brodé… »
(Espagnes, Louis Emié, 1935, judicieusement réédité par Le Festin, Bordeaux, en 2014).

Images de la Semaine sainte à Cartagena, région de Murcia et à Elche, Communauté valencienne.

 

 

 

 

 

 

 

Le rosier de Banks

(Rosa banksiae lutea)
On ne sait pas si son nom est un hommage postérieur à Joseph Banks (1743 – 1820), botaniste et naturaliste anglais, qui devint directeur du jardin royal de Kew Gardens, ou bien l’un des 30 000 taxons ramenés par Banks de l’expédition à bord de l’Endeavour de Cook, à laquelle il participait. En tout cas, il s’agit d’un rosier du XIXe siècle. Il  est sans épines. Cet exemplaire bouturé provient du château Foncroise à Saint-Selve (Gironde). Il est planté contre un mur, exposition Nord-Est, aime la chaleur et devient de plus en plus vigoureux. Une merveille sans entretien, mais à palisser solidement !
Sa variété blanche (qui pousse ici dans une haie) est plus parfumée.

A Murcia, l’incroyable crèche napolitaine du musée Salzillo

Au XXe siècle, les deux frères Emilio et Carmelo García de Castro découvrirent, en visitant Naples, tout un artisanat des personnages de la crèche . Ce sont des sujets habillés de tissu ; seuls la tête, les mains et le bas des jambes sont en terre cuite, ou quelquefois  sculptés dans le bois. Les deux frères  se consacrèrent à la recherche de pièces du XVIIIe siècle. L’un de leurs belenes, acquis par la Fundación Católica San Antonio, est déposé au Musée Salzillo de Murcia. Il se compose de plus de six cents pièces réalisées entre 1725 et 1790, mises en scène dans un immense diorama.

 


Trois cents sont des figures humaines ou animales, accompagnées de tous les détails du scénario urbain d’une rue de Naples : étals de nourriture, boutiques d’artisans, taverne de marché, mendiants ou cortège d’un personnage de cour. Certaines pièces proviennent de la collection de Carlos III, d’autres, comme un saisissant aveugle en haillons, sont de véritables chefs d’œuvre d’expression et de finesse. De la fange urbaine aux anges exaltés, la magnificence du baroque. Lire la suite