Borgia et Fils. Papes et saints. Le palais ducal de Gandia

Forteresse du XVe siècle, palais urbain des Borgia et plus tard résidence mondaine des ducs de Osuna, ce palais a été plusieurs fois remanié et redécoré. Il allie la grandeur militaire médiévale au luxe provincial méditerranéen. Racheté par l’ordre des Jésuites, qui sont à leur tour intervenus dans son ornement, c’est aujourd’hui un musée et un collège privé.
Il faut comprendre le palais ducal de Gandia comme la volonté de démontrer d’une manière éclatante la puissance de la Maison de Borgia dans l’Espagne du XVe siècle. 

Avant de devenir le pape Alexandre VI, le cardinal romain Rodrigo Borgia acquiert le duché de Gandia pour Pier Luigi son fils aîné. C’est une ancienne seigneurie royale de la Couronne d’Aragon. Il souhaite établir sa descendance durablement et au plus haut niveau, dans sa nation d’origine, le royaume d’Aragon. Pour le situer, Pier Luigi (Pedro Luis de Borja)  »Camerlingue des Rois catholiques » était le demi-frère de César et de Lucrèce.
Curieusement, cette forteresse de puissance et d’orgueil abritera au 
XVIe siècle la sainteté de l’un des descendants, saint François de Borgia. Ce grand seigneur de la Cour de Charles Quint, vice-roi de Catalogne et 4e duc de Gandia, va renoncer au tumulte du monde pour se dédier à la vie monastique sous l’habit franciscain. Contemporain et proche d’Ignace de Loyola dont il diffuse les Exercices spirituels, il est l’un des fondateurs des Jésuites.
Il sera Supérieur général de cet Ordre.

 

 

 

 

Entre Alicante et Carthagène, les modestes inventions d’un monde balnéaire

C’étaient des stations d’été familiales et sans tapage, construites pour les maraîchers, pas tous prospères, de Murcia ou d’Orihuela : Torre de La Horadada avec sa tour noble et son petit port, El Mojon cerné par sa saline ou  Santiago de La Ribera au bord de la Mar menor, petite mer trop calme, presque une lagune. Elles ont résisté à l’industrie touristique, aux immeubles, aux avenues et rond-points répétés à l’infini qui envahissent  les plaines du Levant.

Chacune de ces stations a son caractère : Santiago de la Ribera aux prétentions bourgeoises des murciens fin-de-siècle, Torre de la Horadada enfin émancipée d’Orihuela, son chef lieu trop éloigné, El Mojon et ses petites maisons des années 50-60. On se trouvait là aux confins oubliés de deux régions, sur l’ancienne frontière des royaumes de Castille et d’Aragon. A l’écart des effets de manche du tourisme industriel, chacun a accommodé sa résidence d’été selon ses moyens et sa compréhension de l’époque.

Cerca del agua te quiero llevar
Porque tu arrullo trascienda del mar…
Cerca del agua perdida del mar
Que no se puede perder ni encontrar.